Un grand merci à toutes pour vos commentaires et vos souhaits de bonne vacances.
Je garde de la Jordanie un très, très bon souvenir (et un joli coup de soleil sur les épaules...).
Comme pour beaucoup d'entre vous, la Jordanie pour moi, c'était avant tout ça :
Le fabuleux temple de Petra, une image découverte pour la première fois dans mon livre d'histoire de 6e.
Autant dire que cela m'avait marquée et que cela remonte à loin, loin... près de 35 ans.
Alors oui, ce temple est bien situé en Jordanie, mais j'ai découvert d'autres facettes beaucoup plus méconnues de ce
pays.
En premier lieu, un pays aride (l'eau y est très rare) et à l'économie fragile (quasi absence de ressources naturelles). Un
pays bordé par 2 mers :
- à l'extrême sud du pays, une minuscule partie de la mer Rouge qui forme une frontière naturelle, à l'ouest avec Israël, l'Egypte et au sud et
à l'est avec l'Arabie Saoudite. Une mer bleue mais ourlée de rouge en raison de la présence d'une algue que l'on devine sur cette photo.
- un peu plus haut à l'ouest par la Mer Morte. Une mer qui doit son nom à l'abscence totale de vie
sous-marine dûe à la très forte concentration de sel (plus de 30%). Cette densité de sel induit une particularité : on ne peut nager dans cette eau et les corps y flottent naturellement. Cette
mer forme également une frontière naturelle avec Israël et la Cisjordanie sur le côté ouest du pays. La Mer Morte est une minuscule enclave d'eau constituée de 2 bassins dont la superficie ne
cesse de décroître.
A l'est, le pays est bordé par l'Iraq, pays avec lequel la Jordanie entretient des liens étroits. Longtemps,
ce pays lui a fournit du pétrole grâcieusement ainsi que de nombreuses aides financières, à l'époque de Sadam Hussein. A présent, la Jordanie ne survit que grâce à l'aide internationale.
Au nord se situe la frontière avec la Syrie. Au moment où nous quittions le pays, une armée de 12 000 hommes
se déployait dans cette zone, faisant craindre au Jordaniens un nouveau conflit armé... Pour mémoire, la Jordanie est un pays "neuf" créé en 1946 par les Anglais. Ces derniers ont placé au
pouvoir la famille Hachémite, descendante directe du prophète Mohamet, famille qui venait alors d'être chassée de la Mecque qu'elle contrôlait depuis la mort de Mohamet. Cette
famille royale a donc été imposée aux Bédouins qui l'ont accueillie avec bienveillance et lui sont encore extrêmement dévoués.
Pour la petite histoire, le roi actuel, Abdulah II, fruit du second mariage du roi Hussein
avec une britannique, n'était pas destiné à accéder au trône, sa mère étant non musulmane. De fait, il a fait toute son éducation en Angleterre et a été rappelé dans son pays peu de temps avant
le décès de son père, ce dernier ayant modifié les lois quelques semaines avant sa mort afin de le nommer héritier. Le roi Abdulah II a donc dû se mettre à la langue arabe et a fait entrer son
pays dans la modernité.
Pour autant, il semble qu'il y ait encore
beaucoup de progrès à réaliser en matière de liberté et de communication... Les Jordaniens n'ont un accès (restreint) à internet que depuis quelques années... Quant aux chiffres communiqués par
le Gouvernement, ils sont souvent à prendre avec beaucoup de recul... Malgré cela les Jordaniens, en particulier les Bédouins, sont particulièrement attachés à la royauté. Ici, les manifestations
se déroulent dans un calme absolu, bon enfant. C'est quasi devenu un rituel hebdomadaire... J'ai eu l'occasion de voir l'une d'entre elles : un groupe d'une trentaine de manifestants se bornant à
brandir dans le calme le plus absolu, des panneaux de revendication. A leur côté (et non en face), un groupe de policiers pratiquement aussi nombreux et décontractés...
Mon voyage a débuté à Amman, la capitale du pays, située au nord-ouest du pays. Elle concentre 30% de la
population jordanienne (soit 2 millions d'habitants sur les 6 millions que compte le pays). Une ville en croissance perpétuelle, une ville blanche, toujours en travaux, s'étendant sur 22 colines
et où les gravas de briques s'entassent devant chaque rue... Une ville antique aussi avec son théâtre romain (cf ci-contre) et sa citadelle (cf ci-dessous).
Au nord d'Amman se situent la jolie cité antique de Um Qais (autrefois appelée Gadara) et la forteresse
d'Ajloun (à droite ci-dessous).

Parmi les plus beaux sites visités figure en bonne place le site de Jerash dont on peut admirer ci-dessous la superbe place
circulaire :
De cette place rayonnent plusieurs artères majestueuses. On voit ci-contre les colonnes d'une voie très bien conservée. La
taille des colonnes varie : les plus grandes signalent l'emplacement des monuments les plus importants. On retrouve ce traitement sur plusieurs autres sites. Les rues étaient pavées en diagonale
pour faciliter la circulation des chars. On voit d'ailleurs encore les traces de ces derniers sur certains pavés. Au milieu de la voie, on trouve des pavés circulaires munis d'un bouchon qui
permettaient l'évacuation des eaux de pluie (un peu à la manière de nos plaques d'égoût actuelles).
En descendant vers Petra, située dans le sud du pays, nous avons longé la route des Châteaux du désert. Le plus notable d'entre eux est le
Qasr Amra qui vaut surtout pour ses fresques
murales.
La Jordanie est aussi un pays étroitement associé à la Bible, avec le Mont Nebo où Moïse
serait enterré, le lac de Tibériade où Jésus a reçu son baptême, la forteresse où St Jean Baptiste aurait été tué... Ci-dessous les mosaïques
retrouvées au mont Nebo :
La Jordanie est réputée pour sa cérmaique. En chemin, nous avons fait un arrêt suprise non prévu au programme dans un atelier
dédié à cette technique. Nous avons appris que les motifs étaient tout d'abord dessinés à main levée et à l'envers sur une toile tendue. Les morceaux de mosaïque sont découpés à la main dans des
barres de couleurs naturelles. Les morceaux de mosaïque sont enduits de colle avant d'être déposés sur la toile. Une fois le motif complet achevé, l'ensemble est ensuite collé de manière
définitive soit sur un mur ou sur un support épais. La toile initiale est ensuite retirée délicatement, avec les résidus de colle. Sur la photo ci-contre, l'ouvrière s'attelle à une technique de
fausse mosaïque sur poterie : à l'aide d'un stylet pointu, elle grave de faux motifs de mosaïque dans la poterie peinte. L'ensemble est ensuite verni et les poteries obtenues de toute beauté
!
Comme je l'écrivais plus haut, la Jordanie est surtout connue dans le monde pour le site de Petra. Le film Indiana Jones et la dernière croisade a immortalisé ce site
et son entrée par un défilé étroit qui débouche directement sur le temple le plus connu. En réalité, le site de Petra est situé derrière une grande chaîne de montagnes, dans le sud du pays. Ce
site débute par un sentier plat d'environ 350 m parsemé de tombes nabathéennes. Puis arrive le Siq, le fameux défilé. Ce dernier est long de plus de 2,5 km et constitue l'un des nombreux accès au
site. Ce défilé varie en largeur mais la hauteur de la faille reste impressionnante. Le site de Petra s'étend sur plusieurs kilomètres et comprend des tombeaux, des habitations troglodytes mais
aussi des temples, un théâtre grec, un marché et des échoppes antiques.

La roche est un grès rose très friable et donc fragile, tandis qu'à la Petite Petra, la roche y est blanche.
Il y a plusieurs façons de visiter le site : à pied, à cheval, à dromadaire ou en âne... Chacun selon ses goûts. Pour ma part,
j'ai choisis le moyen dont Dieu m'avait munie : les pieds !
Ici, les pluies ne durent jamais très longtemps -à peine 5 minutes- et sont très légères... On croise, en Jordanie, de nombreux
chats roux qui semblent ici la norme.
L'un des souvenirs impérissables que je garderai de ce pays est la ballade en 4x4 dans le désert du Wadi Rum, à l'extrême sud
du pays. Une demi journée entière à être chahutée dans le sable du désert ! Je me souviendrai des dunes de sable dans lesquelles notre véhicule -contrairement aux deux autres- s'est souvent
enlisé et des sacrées pointes de vitesse qui nous faisaient nous soulever de nos sièges et pousser des cris à la fois effarés et de joie ! Un grand moment conclu par un arrêt pour admirer le
coucher du soleil...
La nuit fut beaucoup, beaucoup moins drôle. Une nuit sans sommeil dans un camp de tentes à toit plat où l'on entendait aboyer
les chiens et les chacals. Une nuit où un animal non identifié est venu sauter sur le toit de ma tente avant de s'enfuir. Une nuit à lutter, sans succès contre les moustiques (résulat du match :
14 piqûres pour les moustiques, 0 pour moi...) et ce malgré la moustiquaire fournie... Heureusement, le calvaire n'aura duré qu'une nuit.
Ce séjour, relativement court (7 jours) m'a permis de découvrir un pays dont on parle peu et qui reste très méconnu. Un beau
voyage, sans nul doute !
